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Famille à déchets positif, partie 1

Date Field 14.09.2020
Résumé A la recherche de comment mutualiser déchets organiques et composteurs
Billet Cela fait 12 ans que je ne mets plus à la poubelle aucun déchet organique, depuis février 2008 exactement.
Je dois dire qu'avec le temps, je dois maintenant parfois faire attention car il m'arrive même que de voir des déchets organiques mis à la poubelle chez d'autres, m'insupporte ;o)

Cela fait donc 12 ans que je fais du compost parce que depuis février 2008, je ne suis plus en appartement mais en maison, avec un bout de terrain. Au-delà du fait que j'aime m'occuper de nos composteurs familiaux, le fait de mettre tous nos déchets organiques dans des composteurs est une évidence, de vie. Je ne l'ai malheureusement pas apprise à l'école et mon environnement familial de jeunesse n'étant pas à la campagne, je n'en ai pris conscience qu'une fois adulte. J'avais une sensibilité en ce sens mais elle n'avait pas, jusqu'à 2008, pris une forme concrète.

Mettre les déchets organiques au compost est une évidence parce que c'est une matière précieuse. Plutôt que de partir en fumée dans un incinérateur ou être enfouie avec nos autres ordures ménagères, et ainsi être diluée et perdue dans notre pollution, sa place est véritablement dans un cycle de vie plus direct. C'est une matière précieuse car la décomposition de nos déchets organiques est un enrichissement pour la terre qui nous entoure.
Mettre nos déchets organiques au compost(eur) a également un coté sociétal : cela permet, peut permettre, de faire sa part dans l'organisation collective. Et cela crée, peut créer, une relation à l'autre.

Créer une relation à l'autre ?
J'aurais bien aimé avant 2008, trouver dans ma rue ou pas loin, un composteur collectif, à Strasbourg et à Nantes où j'ai vécu. Pour Strasbourg, c'est arrivé... après. Merci frangin ;o)
Et même aujourd'hui où des composteurs collectifs existent, aux endroits où des citoyens se sont eux mêmes organisées, en lien étroit ou pas avec la collectivité, il n'y en a pas partout. S'occuper de composteurs collectifs, c'est en effet de l'organisation, de la gestion, des contraintes, de l'exigence, de la régularité, du temps, de l'engagement... bref, ce n'est pas simple ! Ce n'est également pas encore rentré dans les évidences pour tout le monde : organisations publiques et privés, particuliers.
Au final, si l'Age du compost s'annonce, il n'est pas encore là.

J'aurais bien aimé avant 2008, pouvoir apporter mes déchets organiques à une personne qui a dans son jardin ou sur un bout de terrain, un ou des composteurs. Ce n'était pas dans mes relations.
Et à bien regarder autour de moi depuis 2008, peu de gens avaient un composteur ou se servaient vraiment du leur, que ce soit en Alsace dans la montagne où je vivais au-dessus de Colmar, puis en Charente Maritime à côté de La Rochelle. Encore aujourd'hui dans l'Oise à Clermont, ou en Deux-Sèvres à l'est de Niort, qui sont mes deux lieux de vie.
Les collectivités ont fait un vrai effort dans ce sens (moyens, animations, formations) et le nombre de foyers qui ont un composteur a augmenté mais combien de déchets organiques partent encore aux ordures manégères !

J'aimerais bien aujourd'hui, que mes voisin.e.s m'apportent leurs déchets organiques quand ils.elles en ont et qu'ils.elles n'ont pas ou ne souhaitent pas avoir un composteur sur leur bout de terrain. Mais cela n'est pas chose aisée.
Cela vient en effet titiller le regard à l'autre. Cela crée de la relation, une relation particulière où se joue la peur de déranger, la gêne d'amener ses déchets, la gêne de donner à voir, en volume et en qualité, ce que nous consommons ; la peur du jugement, le dérangement que cela provoque d'ouvrir la "gestion" de mon foyer à d'autres jusqu'à la remise en question éventuelle du fonctionnement de mon foyer. Faire collectif n'est pas aisé, voisiner n'est pas toujours aisé.

Mutualiser mes composteurs avec d'autres, à commencer par mes voisin.e.s, donner accès à mes composteurs... ne fonctionne pas.
Alors, pour sortir du "déchet de table" qui éveille les peurs et gênes, j'ai mis l'accent sur le déchet vert, et plus particulièrement, les feuilles. Parce que j'en ai besoin pour apporter de la matière carbonée à mes 4 composteurs d'1m3 (en photo au début de ce texte). Et parce que sur mes 40m2 de bout de terrain dans l'Oise, je n'ai pas d'arbre. Autant donc récupérer les feuilles des voisin.e.s dont ils.elles ne savent pas quoi faire et qu'ils.elles mettent au ramassage organisé par l'inter-commmunalité. C'est sans jour fixe pour écouler leur flux, c'est sans contraintes, c'est à côté et cela évite un pouillème de déchet à gérer pour la collectivité.
En 5 ans, cela n'a pas fonctionné non plus. Pas facile de récupérer les déchets des voisin.e.s même en leur expliquant le besoin, l'intention et l'objectif. Je ne suis pas au bon endroit pour cette entrée là : les foyers ont chacun.e un bout de terrain et même s'ils utilisent la collectivité pour l'évacuation de leurs feuilles, dans leur esprit ils ont quand même un bout de terrain... et ne vont donc pas me déranger, créer une redevabilité, créer une relation au-delà du "bonjour". Assurément le fond du problème.
Quoi que... cela fait son chemin... mais l'entrée vient par le partage du comestible et non pas l'évacuation du compostable.

Concernant les feuilles, j'ai quand même fini par me mettre d'acord avec un voisin à 2 kms dont je récupère les sacs de feuilles lorsqu'il les sort le jour du rammassage. Fondamental au vu du nombre de déchets organiques que je traite aujourd'hui... un prochain texte.

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